PRÉOCCUPATIONS DIPLOMATIQUES
moins d'événements très extraordinaires, et qui ne sauraient être prévus, il n'y a guère d'apparence que les Jésuites réussissent à se rétablir dans le royaume ^ »
Le duc de la Vauguyon, ancien gouverneur du dauphin, allait bientôt mourir, sans être « regretté de personne », dira méchamment le chroniqueur, « à l'exception de l'archevêque de Paris et des Jésuites », auxquels on le prétendait « atïilié - » . Mais une circonstance, minime en elle-même, prouvait déjà quelles étaient ces susceptibilités, exigeantes et jalouses, de l'Espagne à Paris, en même temps qu'elle témoignait de la faiblesse du gouvernement et du nouveau ministère. On sait que Beaumont avait invité un ex-jésuite, le P. Lanfant, à monter dans la chaire de Notre-Dame, et que l'ambassadeur espagnol avait protesté sur l'heure auprès du secrétaire d'État contre ce projet. Le duc d'Aiguillon ne trouva rien de mieux que de prier le nonce apostolique de conseiller à l'archevêque de retirer son invitation, et au P. Lanfant de dégager sa parole. « Cette prédication, aurait dit plaisamment le ministre, pourrait rappeler l'idée de la résurrection des morts , et troubler le repos des vivants ^. »
Bernis n'en était pas moins sur les charbons, se croyant toujours à la veille d'une disgrâce, par suite du changement de système que semblait présager le retour à Paris des religieux dont il poursuivait à Rome l'extinction. On avait remarqué, en effet, que la police venait de faire enlever, aux étalages des libraires imagistes, les estampes satiriques depuis longtemps tolérées con-
1 Lettre du 22 mai i77l.
* Journal de Hardy, 4 février 177.i.
' Histoire du pontificat de Clément X/K,par Theiner, t. Il, p. 120.