LA. VERITE SUR CES RUMEURS
tre eux^ Mais le duc d'Aiguillon rassurait le cardinal, non sans lui donner à connaître combien folles étaient les espérances que les amis de la Compagnie voulaient fonder encore sur le successeur équivoque de Choiseul.
« Il est vrai, lui mandait-il de Gompiègne, que depuis que le roi a rappelé les prêtres fugitifs, cet acte de bonté et de clémence a paru faire impression sur quelques esprits qui ont cru de bonne foi ou affecté d'annoncer le rappel des Jésuites en France; mais cet objet est totalement indépendant de l'autre, et il n'en est pas absolument question. Tout ce qu'on a dit et écrit à cet égard est entièrement faux ou malignement exagéré 2 ».
Cependant, je l'ai. dit, plus de cent cinquante de ces anciens religieux étaient rentrés dans la capitale, à la faveur de la déclaration du 15 juin 1771. Le cardinal de la Roche-Aymon, qui venait d'hériter de la feuille des bénéfices en remplacement de Jarente, disposait pour eux de quelques vacances survenues dans ses cadres- Le P. de Neuville, en particulier, au retour de son exil de* Bruxelles, avait obtenu de résider à Saint-Germainen-Laye, où le roi lui conféra une pension de 3,000 livres sur l'évêché de Béziers, dont le nouveau titulaire était un Nicolaï. Il y mourut bientôt, le 18 juillet 1774.
Quant à ses confrères, l'archevêque de Paris, qui les employait volontiers au ministère évangélique ^, s'était
i B&chaiumonl [Additions du 28 juin 1771).
* Thelner [loc. cit.).
' L'un d'eux attirait, dans une des églises paroissiales de Paris, un concours extraordinaire d'auditeurs; un autre, sans se faire connaître, venait de prêcher devant le roi au Carmel de Saint-Denis {Clef du cabinet des Princes, août 1771, p. 107).