ENTRETIEN DIVULGUÉ
contenté de leur confier provisoirement de modestes chapellenies ou d'humbles vicariats, en attendant qu'il lui fût possible de les charger de fonctions plus importantes. Nous trouvons même à ce sujet, dans le journal de la secte, le récit d'un entretien dont nous ne voudrions pas garantir tous les détails, mais qui ne laisse pas de donner une idée assez exacte des rapports de Beaumont avec les membres dispersés de la Compagnie de Jésus.
€ Une personne de considération, qui joint une grande droiture à beaucoup d'esprit, que les Jésuites ont toujours regardée comme une solide amie de leur Société, et qui les a toujours vus avant leur destruction, reçut, vers le commencement de décembre dernier, la visite d'un de ces Pères. Elle lui parla de l'état actuel de la Société en France. — « Eh bien, mon Père, lui « dit-elle, vous n'avez plus d'espérance de rester à « Paris, et d'y obtenir une demeure stable f — Nous « ne cesserons jamais d'espérer, répondit le jésuite : « nous sommes toujours à Paris, et en grand nombre, « et M. l'archevêque nous y retient tant qu'il peut. — « Mais, reprit la personne, M. l'archevêque ne vous y « donne point de place, et vous n'y avez point de pou- « voirsf — Le jésuite : Il ne nous donne pas de pou- « voirs pour faire des fonctions publiques, comme de « prêcher ou de confesser publiquement dans les pa- « roisses; mais il nous place dans les communautés « de filles, en qualité de chapelains et d'aumôniers; « il nous donne aussi des places de vicaires dans les « campagnes. — Et pourquoi, ajouta la personne, ne « vous donne-t-il pas des cures, qui sont des places « fixes et de meilleur revenu? — Le jésuite : Il nous