‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 168 sur 348 · RUMEURS AU SUJET DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

RUMEURS AU SUJET DE BEAUMONT

Tarchevêque de Paris, dans ces paroles d'un accent si contenu et si résigné :

« Il faut prier que l'Église soit dédommagée de la perte qu'elle fait, car pour le mal en lui-même, je le regarde comme sans remède, et ceux qui voudront en apporter feront un plus gi-and mal encore. H faut adorer les yoyes de Dieu les plus sévères. Ne nous occupons que de ce qui nous regarde et dont le Seigneur nous demandera compte. Nous n'avons nul reproche à nous faire; abandonnons-nous donc à Dieu, prions et taisons-nous ^ »

n est vrai que des bruits étranges circulaient dans le public, au sujet de notre archevêque. Comme Beaumont ne sortait guère plus de Conflans et qu'il s'était abstenu de venir présider à Notre-Dame pour les fêtes de Saint-Denis, les commentaires avaient repris de plôs belle sur les conséquences à redouter de la maladie qui le travaillait. « Il a défense d'aller en carrosse , disent les uns, et on va lui faire une gondole pour le porter sans secousse de sa villa à son palais. » D'autres lui prêtent la résolution de demander au roi un coadjuteur; ils vont jusqu'à désigner d'avance l'évêque d'Auxerre , Champion de Cicé. Bientôt c'est le roi luimême qui ne' parlerait de rien moins que de provoquer la démission de l'archevêque, et cela sur divers avis reçus de Rome, d'après un examen sommaire des papiers trouvés entre les mains d'un jésuite, le P. Garnier, correspondant du prélat*.

Sur ces entrefaites, Beaumont rentre à Paris pour

1 Delgove {loc. cit.),

* Journal de Hardy ^ octobre et novembre 1773.

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