INTERPRÉTATION QU'ON LUI DONNE
la tête de ce beau projet, parce qu'il en espère apparemment ou le cordon bleu, ou le chapeau, ou la feuille des bénéfices, ou Taixhevêché de Paris. Heureusement le pape y est fort opposé, et le roi d'Espagne encore plus ; et il faut espérer que le roi de France trouvera des serviteui*s fidèles qui lui feront sentir que cette vermine ne lui pardonnera jamais de Tavoir écrasée, et ne se croira pas dédommagée par le consentement qu'il pourrait donner à leur nouvelle existence ; et qu'ainsi il y aurait le plus grand risque pour lui à les laisser ressusciter, sous quelque forme que ce puisse être ^
Il y en a long de ce goût et de ce style. Mais d'Alembert ne connaissait que par ouï-dire le contenu du mémoire, et il fait ici les plus singulières confusions. A Tentendre, la communauté nouvelle qu'on voulait fonder eût reçu dans son sein d'autres prêtres que les ex- Jésuites, uniquement préposés à l'administration du temporel. Il part de là pour s'apitoyer sur le sort inévitable de ces prêtres , « choisis par l'archevêque de Paris », lesquels ne tarderont pas à être « culbutés » par ceux-là mêmes dont ils seront ainsi devenus « les créatures et les valets* ».
Nous sommes loin, on le comprend, du vrai mémoire de Madame Louise. Les ennemis de la Société proscrite qui en eurent la première connaissance pressèrent le duc d'Aiguillon de parer le coup. Bernis reçut ordre de solliciter du pape un nouveau bref dans lequel Sa Sainteté exposerait au roi les motifs qui l'avaient porté à supprimer la Compagnie de Jésus. Le pape s'y étant refusé, Bernis le supplia de lui en adresser du
1 Lettre du 26 février 1774.
' La réponse de Voltaire (20 mars 1774) fut un pamphlet dans lequel il exerce la mordacité de sa plume sur les moines, et, en général, sur les religieux de tout ordre. Il est intitulé : Lettre d'un ecclésicutique sur le prétendu rétablissement des Jésuites,