MOTIFS DE SON SILENCE
Paris la désavoue, nous ne manquerons pas d'en avertir. Mais on ne peut disconvenir qu'en d'autres occasions ce prélat n'ait adopté des pièces qui donnent quelque vraisemblance à celle-ci, telles que la fameuse instruction pastorale de Gonflans et celle où il combattait les prétendues atteintes données par les tribunaux séculiers à l'autorité de l'Église, dans l'affaire des Jésuites. Quoi qu'il en soit , quel fruit a-t-on pu se promettre de la publication d'une pareille lettre, qui ne peut que faire beaucoup de tort à M. de Beaumont , sans être d'aucune utilité pour ses protégés, vu qu'elle n'est qu'un tissu de faussetés évidentes et fort indécemment hasardées * ?
Le défi est net. Christophe de Beaumont ne l'a jamais relevé. Ce ne fut point assurément par peur, car il avait lutté avec trop d'entrain durant sa longue vie pour qu'un dernier assaut le troublât dans son repos suprême. Serait-ce par dédain? Peut-être.- Dans tous les cas, l'existence de la lettre admise , on comprendra les motifs de respect, de pitié et de politique qui ont fermé la bouche à l'archevêque de Paris. En 17 76, Clément HIV ^ n'était plus et « Pie VI ne cachait à personne qu'il espé- , rait avoir le bonheur de ressusciter la Compagnie de Jésus ». D'autre part, s'explique-t-on bien que Beaumont n'ait point frappé d'un désaveu solennel la lettre reconnue apocryphe, qui lui aurait été si injurieusement attribuée ?
Nous renvoyons, pour la discussion de ce problème , aux lettres de Crétineau-Joly en réponse à Theiner.
Vraie ou fausse, cette lettre de l'archevêque traduisait en réalité, comme nous l'avons dit, des sentiments qui étaient tout à fait les siens. Il savait que les membres de l'épiscopat, qui ne s'étaient point tenus quittes à
^ SouveUes ecclésiaxtiquesy p. 128.