SON ÉLOGE PAR PIE VI
l'égard de la Compagnie, lorsqu'elle avait succombé en France sous les coups des ennemis de l'Église et du trône, n'entendaient pas non plus se déjuger dans une affaire où le pape, à son tour, se laissait en quelque sorte forcer la main. Mais les pièces officielles faisant ici défaut, nous ne saurons probablement jamais si Beaumont, dans sa réponse à Clément XIV, résuma les doléances de ses collègues ou s'il écrivit en son propre et privé nom. Toujours est-il que Louis XV, qui se souvenait des protestations unanimes de l'assemblée de 1765, n'osa point, tout en acceptant le bref, le revêtir de ses lettres patentes ni le faire enregistrer par les cours du royaume.
Beaumont, toujours fidèle à la devise de ses armes — Impavidum feHent ruinœ — attendit d'un autre pontificat la guérison de ce qu'il appelait « une plaie bien sensible et bien douloureuse faite à la piété et à la vertu ». Pie VI, qui montera bientôt sur la chaire apostolique, allait lui donner à ce sujet des espérances que l'iniquité des temps empêchera seule de réaliser au premier jour. Il en eut comme un gage dans les flatteuses paroles dont le nouveau pape, à peine élu, daigna honorer le souvenir de ses services. L'éloge vaut bien que nous anticipions un peu sur les événements pour l'offrir à l'admiration de nos lecteurs.
A la mort de Clément XIV, le cardinal de Luynes ayant conduit à Rome avec lui l'abbé de Beaumont , neveu de notre prélat, ce jeune conclaviste s'était jeté aux genoux de Pie VI, le jour même de l'élection, pour lui présenter humblement sa supplique. « Je vous accorde votre demande, dit le Pontife, comme une chose qui vous est due. Si c'était une grâce, je m'em-