INTRIGUES A SON CHEVET
contre la plus odieuse des accusations qu'on ait jamais tenté de faire peser sur sa chère mémoire. Après m'être imposé de lire avec soin les nombreuses relations qu'on a publiées, en divers temps, sur la dernière maladie de Louis XV, j'ai le devoir de déclarer que la conduite de Beaumont a été travestie ou mal comprise dans la plupart de ces récits, et que les autres ne sont guère qu'un écho des erreurs propagées un peu partout.
Il est malheureusement trop vrai que d'abominables intrigues s'ourdirent autour du lit de mort de ce prince. « Vous ne sauriez croire, écrivait de Versailles Xavier de Saxe à sa sœur Christine, abbesse de Remiremont, toutes les cabales et intrigues indécentes et indignes qui se passent ici et qui font horreur. Si ce n'était mon attachement, et, si j'ose dire, mon amour pour. ce cher et digne roi qui me fait rester ici, je voudrais en être bien loin pour ne rien voir et ne rien entendre ^ »
L'archevêque de Paris ne devait pas être le moins exposé à en souffrir.
D'après les lois de l'Église, en effet, Louis XV ne pouvait être administré sans renvoyer, préalablement, la femme perdue d'honneur dont la vie semblait liée à la sienne. Or Richelieu, d'Aiguillon, d'autres amis encore de madame du Barry, s'étaient promis de ne rien épargner pour retarder, sinon pour empêcher l'administration du saint Viatique, afin d'éviter à la favorite la honte
1 Correspondance inédite : Lettre du 5 mai 1774 (Archiv. de Troyes). — « Le fou roi, dans la maladie et dans la mort, a reçu d'une manière effrayante la punition do n'avoir rien aimé : il a été entouré do cabales, d'ÎBtrigues, et n'a pas inspiré le simple mouvement de compassion qu'on accorde au plus inconnu et au dernier des hommes. » (Lettre de la comtesse de Bouffler^ au roi de Suède j 20 juillet 1774.)