‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 188 sur 348 · CALOMNIE CONTRE BEAUMONT · texte numérisé non relu

CALOMNIE CONTRE BEAUMONT

de se voir expulsée de la cour. On sait que le duc d'Aumont, premier gentilhomme de la chambre, sous prétexte qu'il y avait trop de monde dans Tappartement du roi, aima mieux renoncer aux devoirs de sa, charge et s'éloigner du chevet de son maître, que de courir risque, en laissant entrer ceux qui en avaient le droit , « que quelqu'un ne dît un mot qui eût pu faire rentrer le roi en lui-même, et le déterminer à la cessation du scandale* ».

Où la calomnie commence, c'est lorsqu'on prétend que d'Aumont et les autres avaient pour eux, en cette affaire, « le parti des Jésuites dont Chiîstophe de Beaumont était le chef » ; c'est lorsqu'on veut rendre cet austère prélat solidaire des gens qui se refusaient « à déshonorer canoniquement celle dont l'archevêque de Paris avait toujours dit très haut, dans tous les temps, qu'elle avait rendu à la religion les plus signalés services* ». Il est avéré, au contraire, que ceux qui se virent alors fermer tout accès auprès du roi, n'eurent plus guère d'espoir que dans l'intervention du pieux Beaumont, pour mettre un terme à ce que le cardinal de Luynes appelait justement « un agiotage et un trafic de conscience ». Ce fut au point qu'on s'étonna de

ï Mémoires de Besenvaly p. 147 (édition Barrière). — La comlesso de Boufflers, dans sa lettre à Gustave III, citée plus haut, fournit ce détail absolument odieux : « Tous ceux qui pouvaient entrer dans sa chambre y étaient comme à un spectacle curieux et quelquefois ridicule. On observait tout ce qui se passait pour récrire ou le redire; on en faisait des plaisanteries. Une fois entre autres, il arriva que madame du Barry était penchée sur son lit pour lui parler lorsqu'on vint averlrr que Tarchevéque de Paris allait entrer. Le gentilhomme de la chambre, épouvanté du contraste qu'offrirait une telle rencontre, vint on diligence pour la faire sortir ; un de ceux qui étaient là lui faisait signe de ne rien témoigner, pour donner et pour avoir lui-même le divertissement que présenterait cette scène. »

' Bévue des documents historiques, par Charavay, t. I, p. 107.

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