L*ARCHEVEQUE A VERSAILLES
ne le point voir arriver le jour même, « malgré l'état affreux où il se trouvait, tourmenté des douleurs de la pierre^ ».
Le dimanche l'' mai, à la suite d'une nouvelle réunion des médecins consultants, Beaumont fit annoncer sa visite à Versailles pour le lendemain. Aussitôt un conciliabule s'établit entre madame du Barry, d'Aiguillon, Richelieu et Fronsac. Après avoir cherché à intimider la fille du roi, Madame Adélaïde, en lui persuadant que la vue de l'archevêque est pour donner le coup de mort au malade, on décide néanmoins que la visite, ne pouvant être empêchée, aura lieu à l'heure dite, mais en présence du duc d'Orléans; qu'elle sera, de simple politesse et qu*on n'y fera aucune mention de sacrements à recevoir.
Le 2 mai, à onze heures du matin, Beaumont se présente à la porte de l'antichambre du roi. « Avant de partir, écrit lord Stormont, il disait bien haut qu'aucune considération ne le retiendrait de parler à son souverain comme son devoir le lui commandait, qu'il lui ferait certainement voir dans quel péril il se trouvait, et qu'il exigerait non seulement l'éloignemént de madame du Barry, mais qu elle fût enfermée dans un couvent 2. » Richelieu est aux aguets ; il marche à la rencontre de l'archevêque, et, sans plus de façon, s'ingère à vouloir le détourner d'une démarche qu'on tient pour inopportune, dangereuse peut-être.
Ce libertin grand seigneur, qui avait jadis contribué
1 Besenval, p. 148 [loo. cit.)
* Dépêche du 4 mai 1774 à lord Rochford, ministre d'État au cabinet de Saint- James. Lord Stormont était ambassadeur d'Angleterre à la cour de France : il avait succédé à lord Rochford dans ce poste diplomatique.