‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 191 sur 348 · TENTATIVES DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

TENTATIVES DE BEAUMONT

était à se raidir en ce moment contre d'intolérables douleurs, pour gagner à Dieu l'âme du malheureux Louis XV, aurait traité, à deux pas de lui, une sorte de marché sacrilège ! Il aurait trahi les intérêts de cette âme de roi, au prix aléatoire d'une pourpre qu'il repoussait depuis bientôt trente ans !... Je sais que la première visite de l'archevêque fut courte et de pure cérémonie. Aussi bien ne le laissa-t-on point seul avec le malade, et. Richelieu, qui le serrait de près avec d'Aumont, affçcte de dire que « le roi lui-même ne l'écouta pas ^ ». Je n'ignore pas également que, dans les rangs du clergé, plus d'un impatient s'irrita de ces lenteurs du premier jour, et que, dans un milieu tout autre, on entendit « crier au scandale dés hommes et des femmes qu'on savait ne pas croire en Dieu ^ ».

Mais quand on qualifie de « lâcheté » la conduite de l'archevêque en cette rencontre '\ on oublie que, le lendemain et les jours suivants, Beaumont renouvela sans relâche des tentatives sérieuses auprès du moribond ; on oublie que, loin de rentrer à Paris pour fuir une responsabilité qui, dans la rigueur des attributions, était moins la sienne que celle du grand aumônier de ïVance, il s'établit résolument à Versailles, chez les Lazaristes, avec le dessein avoué de chercher « toutes les occasions pour se rapprocher le plus possible du roi, afin de

^ Voici en quels termes le procureur Regnaut rend compte de l'incident : 4C Comme ce prélat était lui-même dans un triste état par une maladie douloureuse qui le travaillait depuis longtemps, le roi Tayant aperçu lui demanda des nouvelles de sa santé et lui dit de s'en retourner à Paris, de se tranquilliser et qu'il avait au moins autant besoin de repos que lui. » (Mémoires, t. II, p. 387. — Biblioth. nation., fonds français, 13,734.)

* Besenval, p. 146.

* Athenœum français de 1854, p. 421.

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