OBSTACLES A L* ARRIVEE DU CONFESSEUR
sa conversion , et j'espère que je me verrai , sous ce rapport, la fille d'un autre Augustin. »
Il ne dépendait pas plus d'elle que du pieux prélat que le confesseur ne fût reçu au premier appel. Les scandaleuses intrigues dont nous avons parlé retardèrent seules une entrevue efficace qu'elles avaient tout fait pour rendre illusoire. C'est au point que le curé de Versailles, un des hommes que Beaumont estimait le plus, avait dû répondre aux intimidations de Richelieu et de Fronsac menaçant de le jeter par la fenêtre dans le cas où il parlerait au roi de confession ; « Si vous ne me tuez pas, je rentrerai par la porte, car c'est mon droit ^ »
Ici, nous laissons la parole à l'auteur des Mémoires parlementaires : « La nuit du 5 ayant été fort agitée et mêlée de délire, que les faux bulletins appelaient rêvasseries, M. le duc d'Orléans , qui ne quittait point le roi, ainsi que ses dignes filles , commença à parler de songer à procurer à ce prince les secours spirituels. A ce propos, La Borde, valet de chambre, murmura contre M. le duc d'Orléans et eut même l'impertinence de lui dire que c'était vouloir faire mourir le roi , qu'il ne fallait point lui être attaché pour oser lui parler de cela, parce que c'était lui porter le coup de la mort et que son état n'était point aussi dangereux qu'on se l'imaginait.
« Le prince s'emporta vivement contre l'insolence de ce valet, au point qu'il fut près de le chasser de la chambre du roi, comme un impertinent qu'il était. Mais
1 Mémoires de RiclielieUj t. II, p. 279 (édition Barrière). — Au rapport de Regnaut, ce curé de Saint-Louis ayant voulu, en sa qualité de « curé du roi, » insister pour entrer dans la chambre de Louis XV, aurait été « rudement repoussé et maltraité » par deux courtisans.