LE KOI L* APPELLE AVEC INSTANCE
chacun fut tiré d'embarras, car, dans la journée du 6, le roi étant revenu à lui et ayant senti le danger qu'il avait couru, il parla de se confesser et demanda qu'on lui fît venir son confesseur. Il vit avant la comtesse du Barry et lui représenta que, dans Tétat où il était, il devait songer à lui et à ce qu'il devait à Dieu et à ses peuples, et qu'ainsi elle pouvait se retirer. Elle resta encore deux jours au château, c'est-à-dire jusqu'à la nuit du 9. Dans cet intervalle, elle fit demander à M. le Dauphin et à madame la Dauphine s'ils jugeaient à propos qu'elle se retirât; mais ils lui firent répondre prudemment qu'ils ^n'avaient aucun ordre à lui donner ^>
Le 7 mai, le malheureux Louis XV qui, € de son propre mouvement et sans qu'on s'y attendit ^ » , avait demandé son confesseur à deux heures et demie du matin, en était encore, vers quatre heures, à dire avec anxiété au duc de Duras qui le veillait : « Mais voici la troisième fois que je demande à me confesser; est-ce que l'abbé Maudoux n'est pas ici ? » — Il fallut bien , enfin, se déterminer à mettre le prêtre en tête à tête avec son royal pénitent ^.
Ce n'avait pas été sans peine. Aussi lorsque Maudoux, après une première séance de son ministère, témoigna la crainte de retrouver les mêmes obstacles au retour , Proyart assure que le prince lui dit à haute voix : « Je vous attends, Monsieur, pour l'heure convenue » ; et que
1 Mémoires de Begnaut (ioc. cit).
' Lettre de Mercy-Argenteau ù Marie-Thérèse (8 mai 1774).
^ « Les princes avaient la montre en main, et ont compté seize minutes pendant lesquelles le confesseur a été soûl avec le roi, qui, depuis co moment jusqu'aux sacrements, Ta fait rappeler trois fois. » {Ibid.)