RECTIFICATIONS HISTORIQUES
la princesse par le jeune comte de Provence ', depuis Louis XVIII, lettre qui trancherait au besoin la question, car elle porte la date du 9 mai 1774 :
Le roy est fort mal, Monsieur. Il n'est cependant pas mort, mais nous craignons ce malheur à tout moment. Vous devez sentir que, dans un pareil état, nous ne sommes guère capables d'en instruire ma tante Louise. Nous nous adressons à vous pour vous prier de Ty préparer le plus doucement qu'il vous sera possible.
Louis Stanislas Xavier*.
On a voulu pareillement s'appuyer sur diverses autorités pour faire du digne abbé Maudûux un « pauvre prêtre » qui aurait été donné jadis au roi, en qualité de cohfesseur, parce qu'il était « vieux et aveugle- ». Encore une inexactitude. Né le 13 juin 1724, l'ancien curé de Brétigny, alors dans toute la force de Tâge, venait, il est vrai, de faire une maladie qui avait un peu atïaibli sa vue; mais il était depuis 1770 confesseur de Marie- Antoinette et allait devenir bientôt confesseur de Louis XVI. Ce n'est qu'aux premiers jours de 1776 que la faiblesse de ses yeux devait l'obliger à offrir de luimême sa démission ^.
1 Le fac-simile de cette lettre adressée à « M. l'abbé de Ternay, à Saint- Denis », vient d^ôtre publié naguère par Etienne Charavay, dans sa Revue des documents historiques y t. V, p. 127.
^Charavay, 1. 1, p. 163.
' Le comte de Mercy-Ârgenteau nous met parfaitement au courant de rorigine de ces faux bruits. Il écrit à Marie-Thérèse : « ... Dans la prévoyance que le roi, revenant àdes sentiments de piété, pourrait se livrer à un confesseur, et celui qui remplit ce poste étant d'une vertu trop reconnue pour se prêter à l'intrigue, toutes les vues se sont tournées vers les moyens de récarter, et de lui substituer un personnage plus facile à manier... En conséquence, on insinua de loin au roi que l'abbé Maudoux songeait à se retirer, que sa vue, très afiTaiblio, n'adraellait guère qu'il put rester à la cour, etc. » (Lettre du lU février 1774.)