ESSAI DE TEMPORISATION
Malgré rencouragement qu'apportaient à Christophe de Beaumont les démarches individuelles de ses collègues, il persistait à penser qu'on n'obtiendrait pleine victoire qu'en interrogeant simultanément tout Tépiscopat. Aussi était-il dès lors résolu à faire paraître sans retard sa grande instruction pastorale, afin de provoquer les adhésions auxquelles il avait foi. M. de Fiesselles, qui fut instruit de ce projet, se hâta d'accourir à Conflans pour supplier l'archevêque de temporiser encore. Beaumont ne consentit à tout suspendre qu'à la condition que les évêques seraient au plus tôt consultés pour donner leur avis collectif. Flesselles s'y engagea formellement au nom de la Commission royale dont il était le rapporteur. C'est de lui-même que nous connaissons ces détails. La relation n'en a été livrée au public que dans ces derniers temps ^
Louis XV eût bien voulu donner enfin satisfaction à l'archevêque de Paris, mais il lui arriva de fournir, au contraire, une preuve surabondante des indécisions de son esprit sans consistance et sans suite. Le fait paraîtrait néanmoins incroyable, si nous n'avions pour garant Tautorité du P. de Neuville, à qui le roi s'en ouvrit avec une confiance qui ressemble à de l'abandon. « Par le vif intérêt que je prends, lui dit-il, à ce qui concerne votre Société, je me suis déterminé à aller faire une visite à madame de Pompadour; je lui ai recommandé vivement votre affaire ; mais en prenant un ton de reine, elle m'a répondu : — « Je crois que
1 Oq peut voir, aux documents publiés par le P. do Ravigoan daos le volume supplémentaire de son Clément XIII et Clément XIV, l'historique du manuscrit de Flesselles.