‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 21 sur 348 · INSTANCES DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

INSTANCES DES ÉVÊQUES

les Jésuites sont d*honnêtes gens; cependant il n'est pas possible que le roi leur sacrifie son Parlement, surtout dans un temps où il lui est aussi nécessaire. »

La sultane avait parlé, Tesclave royal ne trouva rien à répondre. C^est à la suite de cette confidence que le P. de Neuville renouvela près de Flesselles les instances faites par Beaumont pour qu'on accélérât la consultation du clergé : « Les avis des évoques nous étant favobles, dit-il au rapporteur, ce sera du moins une belle épitaphe pour nous ; et si les commissaires du Conseil veulent combattre pour notre conservation, ce sera des roses que nous aurons à jeter sur notre tombeau. »

Les évêques, en effet, devenaient eux-mêmes plus pressants. « Au nom de Dieu , Monseigneur . écrivait celui de Sisteron à Tarchevêque de Paris , portez nos vœux aux pieds du roi. Il aime véritablement la religion et il Ta toujours aimée. Je suis sûr que son cœur souffre du nouvel orage qui s'élève. Il voudrait pouvoir contenter tout le monde. Mais Dieu doit aller avant tout *. »

De son côté, le général de la Compagnie venait d'écrire directement à Louis XV, réclamant la protection royale, « protection d'autant plus précieuse qu'elle ne nous .mettra pas seulement à couvert des malheurs qui nous menacent, mais qu'elle détruit encore , dès à présent, les soupçons odieux et injustes que la calomnie répandait contre nous- ».

Sollicité de tant de manières, Louis XV finit par convoquer son Conseil, le 20 novembre, à Versailles. Ce fut d'après l'avis unanime des commissaires qu'il se résolut

1 Extrait delà lettre de François Lafîtau, 4 novembre 176t. * Lettre du P. Ricci au roi, 28 octobre 1761.

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