‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 200 sur 348 · SERVICES POUR LOUIS XV · texte numérisé non relu

SERVICES POUR LOUIS XV

qui lui sont dus, nous avons résolu de faire inhumer son corps dans l'église de l'abbaye royale de Saint-Denys en France, et nous vous mandons de le recevoir avec la décence et les honneurs qui lui sont dus, et d'aller à cet effet jusqu'au chemin qui tombe de Saint-Ouen dans celui de notre bonne ville de Paris. Voulons que le tombeau où repose (sic) les princes du sang de la branche des Bourbons soit ouvert le jour que le grand maître ou maître des cérémonies vous dira de notre part. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir.

Donné à Versailles, le 10 may 1774.

Louis ^.

L'archevêque de Paris n'eut point à s'occuper de ces obsèques royales qui n'étaient point de son ressort. Il se réserva de présider au service solennel qui devait être célébré à Notre-Dame le 7 septembre, service pour lequel un ancien membre de son chapitre, la Luzerne, évêque de Langres, fut chargé de prononcer l'oraison funèbre ^. .

Dans l'intervalle, Beaumont aura versé des larmes bien sincères sur la perte du meilleur et du plus affectionné de ses amis. Le saint évêque d'Amiens venait d'écrire à l'abbé Dupinet, chanoine de Paris, au sujet de la mort de Louis XV : « J'en suis affecté, et cependant je ne puis pas m'empêcher de dire : Raptiis est ne malitia mutaret. Ce prince était la faiblesse même; je tremblais pour son rétablissement que je demandais. Ce qu'a fait le nouveau roi nous marque un cœur excellent ; Dieu veuille lui accorder ce qui fait les rois selon son cœur ! Nous sommes dans des jours bien critiques pour un si grand gouvernement^. »

i Archives nationales^ K, 138, n*» 12^.

* L'archevôque de Paris officia pareillement, le 24 novembre, au service funèbre qui fut célébré à Saint-Sulpice pour le repos de l'àme de Louis XV. » Lettre du 12 mai 1774.

MORT DE L ÉVÊQUE d'aMIENS. 269

Un mois après, jour pour jour, le vénérable vieillard s'éteignait doucement, sans agonie, les yeux attachés au ciel. On était au 10 juin 1774, en cette fête du Sacré- Cœur de Jésus qu'il avait été si heureux d'établir, lui aussi , pour tout son diocèse.

L'Eglise de France perdait une de ses gloires, Christophe de Beaumont un conseil et un appui. Tous deux, à des degrés divers, honorés des mêmes amitiés, poursuivis des mêmes haines, également faits du reste pour mériter ce suffrage des uns et ce blâme des autres, ils ne craignirent rien tant, au milieu des luttes engagées pour l'honneur de la foi, que de paraître consentir la paix au préjudice de la vérité : comme s'il pouvait y avoir de véritable paix que celle qui a l'unité de foi pour fondement. On eût dit qu'ils avaient toujours présente la parole du grand Hilaire : « Si la foi qui conserve le royaume est sauve de tout péril^ voilà la charité vraiment digne de nos vœux, voilà la charité qui l'emporte sur le royaume même *. »

I « Htec est charitas ezpetenda, hœc est charitas major Imperio, si fides tula sit, qusG servat Imperium. » {Lib. œntra Auœent.^ p. 1, 1263. — Edit. Benedict.)

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