AVENEMENT DE LOUIS XVÎ
mier jour, qu'il veut exclure de ses conseils les personnages mal famés : on surprendra sa religion en remplaçant par des hommes sans probité ces hommes sans mœurs. C'est, à l'exception du fidèle du Muy, un ministère de « philosophes » que Maurepas impose au plus consciencieux des rois, et l'oracle du parti pourra écrire au monarque prussien : « Nous espérons en France que la philosophie, qui est auprès du trône, sera bientôt dedans ^ »
Au début d'un règne que menaçaient mille conspirations, il y avait une première faute à commettre : le rappel de l'ancien Parlement. Elle ne fut pas épargnée au jeuije roi. Christophe de Beaumont, qui s'aveuglait moins que personne sur le péril de l'heure présente, s'est vu loué par les uns, blâmé par les autres, pour avoir lutté de toutes ses forces afin de conjurer ce qu'il appelait « un grand malheur ». Nous dirons bientôt dans quelles conditions.
Le généreux prélat souffrait alors — on s'en souvient — de ces douleurs aiguës dont le retour fréquent ne cessait d'inspirer des craintes pour sa vie. Le 17 juin 1774, après avoir, dans la chapelle intérieure de son palais, remis le pallium à Raymond de Durfort, récemment transféré de l'évéché de Montpellier à l'archevêché de Besançon, il se sentit tout à coup si mal qu'il n'hésita plus à mander près de lui le célèbre frère Cosme, religieux feuillant, qui jouissait d'une juste réputation de praticien consommé 2. Celui-ci ayant déclaré
1 Lettre du 8 août 1775.
* Jean Baseilhac, dit le frère Cosme. était fils d'un habile chirurgien. Chirurgien distingué lui-même, il se fit moine en 1729, et continua, avec l'autorisation des supérieurs ecclésiastiques, à exercer son art, où il acqui t