‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 209 sur 348 · RUMEURS SANS FONDEMENT · texte numérisé non relu

RUMEURS SANS FONDEMENT

jeter la division dans la famille royale et surtout de « brouiller le roi avec la reine ». Beaumont, à les entendre, s'échauffait singulièrement dans ce manège de pratiques plus ou moins mystérieuses.

Ce fut au point que des rumeurs de disgrâce nouvelle trouvèrent bientôt créance parmi le peuple et la bourgeoisie. Tantôt il s'agissait d'un cinquième exil à Gonflans, tantôt d'une simple défense de paraître à Versailles. On parlait un jour d'une lettre sévère dans laquelle le roi aurait enjoint à Beaumont de s'en tenir au gouvernement de son diocèse, sans s'ingérer à piloter de ses conseils Mesdames Adélaïde, Sophie et Victoire ; lé lendemain, il était tout au plus question d'une verte semonce à propos de ses liaisons avec la royale carmélite « que Sa Majesté lui défendait de visiter à l'avenir* ».

Ces bruits devaient naturellement tomber devant la réalité des choses, d'autant qu'on apprit que Beaumont avait reçu le plus gracieux accueil au château de la Muette, quand le roi et la reine y étaient venus de Marly pour se rencontrer avec Mesdames Clotilde et Elisabeth, leurs sœurs. C'est même vainement que l'archevêque essaya, pour motif de santé, d'introduire à nouveau la question d'un coadjuteur : Louis XVI se défendit d'avoir à se préoccuper d'un tel souci, au moment où tant de prières montaient à Dieu pour rendre grâces de sa guérison.

Ainsi en devait-il être des caquets répandus sur le compte de la pieuse Madame Louise. Si, par exemple, le couple royal s'oubliait un jour à traverser Saint-

ï Hardy, août ol septembre 1774.

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