‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 213 sur 348 · LA PRÉTENDUE SEMONCE ROYALE · texte numérisé non relu

LA PRÉTENDUE SEMONCE ROYALE

va jusqu'à laisser entendre que le rigide prélat aurait vu de mauvais œil que le nouveau confesseur eût autorisé le prince à communier « le jour de saint Jean » , sous le prétexte qu'on avait entendu un des fanatiques « gémir du plus profond de son âme sur Ténorme prévarication du ministre des autels (Maudoux) , qui avait eu la lâcheté de donner au roi l'absolution et de lui permettre d'approcher de la Table sainte , dans un temps où il venait de donner des ordres pour qu'un appelant de la constitution Unigenihcs y fût admis avant sa mort* ».

Il est plus facile de comprendre, après cela, qu'on ait pu ajouter foi aux copies de la prétendue semonce royale, circulant librement sous les yeux de la police, comme pour montrer « que, selon les désirs du pays, le gouvernement était résolu à tenir le clergé bridé ^ ». D'après ce factum, Louis XVI, assis la tète couverte et les jambes croisées, aurait apostrophé en ces termes Christophe de Beaumont, en présence du prince de Gonti, des ducs de Brancas et d'Aumont, et de son capitaine des gardes : « Le roi, mon aïeul, vous a exilé plusieurs fois pour les désordres que vous avez causés parmi mes sujets. Je ne vous exilerai pas, mais je vous livrerai à toute la sévérité des lois. Je vous donne ma parole royale que je n'en arrêterai point l'activité i)our vous. Vous l'entendez?... Retirez- vous ^. »

Il faut reconnaître que bien des personnes eurent peine à croire que le roi se fût exprimé avec tant de dureté et si peu de décence. « Le discours peut être

1 Hardy (loc. cit,). Jeanneau y est constamment appelé Jouanneaux. ' L'Esprit révolutionnaire avant la Révolution, p. 324. ' Hardy, 18 décembre.

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