LOUIS XVI DÉSAVOUE CES RUMEURS
vrai au fond, écrivait-on de l'étranger, mais les gens qui réfléchissent doutent que les expressions en soient telles qu'on le dit ^ » Hardy lui-même, qui s'était indigné de ce que l'archevêque « avait eu le frt)nt », en sortant de l'appartement du roi, d'aller rendre ses devoirs à la reine, commençait à insinuer qu'il pourrait hien se faire « qu'on eîit altéré toute la substance du fameux discours ».
Le vrai est que Louis XVI, informé de ces cailletages d'antichambre, s'en montra fort humilié, et qu'il envoya le cardinal de la Roche- Aymon à l'archevêque de Paris « pour lui témoigner tout son déplaisir sur la réponse qu'on lui attribuait^». Hardy est forcé d'en convenir, bien qu'il prétende que le roi aurait surtout insisté, dans son message à l'archevêque, sur la nécessité d'entretenir la paix et de rester fidèle à la loi de silence tant recommandée par son aïeul.
On ne douta plus, au reste, des bonnes dispositions du prince à l'égard de Beaumont, en voyant de quelles prévenances ce prélat fut l'objet à Versailles, lorsqu'il vint officier dans la chapelle du château pour les fêtes du jour de l'an, et, le lendemain, pour le service funèbre des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit dont le feu roi était grand-maître. « M. l'archevêque, qui est revenu de Versailles, écrivait Bergier, en a rapporté un visage
i Journal historique de janvier 1775, p. 14.*)»
' « On prétend même aujourd'hui que le mécontentement de Sa Majesté n'est tombé que sur les adversaires de ce prélat (Beaumont); qu'informée qu'on avait fait transporter l'abbé Jeanneau de Sacy à Paris pour y occasionner un éclat par le refus de sacrements qu'on prévoyait, elle a promis de réprimer efficacement les entreprises des ennemis de la paix et de la tranquillité ecclésiastique. » (Journal historique de mars 1775, p. 377.)