‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 215 sur 348 · SÉANCE DU 20 JANVIER · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 20 JANVIER

resplendissant et un air très satisfaite » II est permis de penser que le bruit répandu d'une tentative d'empoisonnement sur sa personne n'était pas étranger à ces marques exceptionnelles de faveur. La nuit de Noël, en effet, l'archevêque avait éprouvé des soulèvements de cœur après les dernières ablutions. Le vin du calice lui parut d'un goût détestable et l'inquiétude saisit les assistants ; mais on put constater à la sacristie qu'il y avait eu pur accident dans ce fait d'un vin aigri et tourné.

Ajoutons que Louis XVI sut bientôt le meilleur gré à Christophe de Beaumont de la chaleur avec laquelle, presque seul parmi les pairs, il allait plaider, dans la séance du 20 janvier 1775, pour les prérogatives de la couronne et la soumission due au roi. Sa protestation, pas plus que celle du duc de Gharost, ne devait empêcher sans doute le Parlement de formuler ses remontrances contre les édits publiés dans le lit de justice ; mais il se montrait jaloux, une fois encore, de ne pas moins rendre à César ce qui est à César, qu'à Dieu ce qui est à Dieu. C'était justifier d'avance l'éloge qu'on gravera un jour au bas de son portrait :

Austère dans ses mœurs, vrai dans tous ses discours, Plein de l'Esprit de Dieu qui l'anime et l'embrase, Ou libre ou dans les fers, il sut joindre toujours La fermeté d'Ambroise à la foi d'Athanase *.

« Un homme de ce caractère, devenu le conseil de l'autorité, eût suffi, au jugement de Proyart, pour impri-

' Lettre à l'abbé Maudoux, du 5 janvier 1775.

* L'auteur du quatrain s'appelait d'Aquin de Château-Lion.

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