LE (( TE DEUM » DU SACRE
« en annonçant hautement en présence du peuple étonné, et conformément à la doctrine gallicane, que cette cérémonie n'était point obligatoire pour le roi ni essentielle à sa charge^ ».
Le lendemain, Louis XVI, mieux inspiré,s écrivit à l'archevêque une lettre dans laquelle il sollicitait encore des prières pour obtenir de Dieu « toutes les grâces » attachées à l'onction sainte qu'il venait de recevoir. Christophe de Beaumont répondit par un mandement spécial fort touchant, dont les dernières lignes résument l'esprit tout entier. « Pour nous, mes très chers Frères, ne mettons aucun obstacle aux heureux effets de tant de grâces ; écartons tout ce qui pourrait refroidir à notre égard la protection divine, et en demandant à Dieu qu'il conserve toujours notre Roi selon son cœur y tâchons de nous rendre nous-mêmes un peuple selon le cœur de Dieu ^. »
Le 29 juin, l'archevêque présidait, dans sa métropole, à la cérémonie du Te Deum d'actions de grâces.
Quant à sa visite officielle au roi, elle fut retardée jus-
qu'au 3 août, d'après les dispositions prises en vertu de l'avis suivant expédié au doyen Tudert :
A Versailles, 26 juillet 1775. — Sa Majesté recevra volontiers, Monsieur, la députation du chapitre de Notre-Dame, pourvu qu'elle ne soit pas trop nombreuse. Je vous conseille de vous concerter à cet égard avec M. l'archevêque de Paris, et de prendre un jour qui ne soit pas un de ceux où Sa Majesté va à la chasse. Il m'est agréable, etc.. Maurepas^.
1 Voir l'auteur anonyme cité par Crétineau-Joly {VEglise romaine en face de la Révolution, t. I, p. 64}.
* Mandement du 28 juin 1775.
^ Billet autographe du 26 juillet 1775. — Une lettre du 30 juillet, signée