‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 224 sur 348 · VISITE DE L ARCHEVÊQUE AU ROT · texte numérisé non relu

VISITE DE L ARCHEVÊQUE AU ROT

Le jeudi 3 août, sur les sept heures et demie du matin, les députés du chapitre, en manteau long, partaient pour Versailles. L'archevêque en conduisait deux dans sa voiture, le doyen avait pris les trois autres dans son carrosse .« attelé de quatre chevaux ». Vers dix heures on arrive, on descend au milieu de la cour des princes, et Beaumont fait monter ses prêtres dans son appartement jusqu'à l'heure du lever du roi. A onze heures, ils sont introduits dans TCEil-de-Bœuf, en attendant leur tour de réception dans la chambre royale. Le prince ayant fini sa prière s'arrêta près de la porte du cabinet, et salua la députation que lui présentait l'évêque de Senlis, son premier aumônier. Il fit avancer l'archevêque à sa droite, tandis que les membres du chapitre se rangèrent à sa gauche. Le doyen, s'inclinant alors avec respect, prononça une harangue dont il faut reproduire ici les termes :

Sire, vous voyez à vos pieds les députés et les hommages d'une Église toujours paisible, et au sein de la paix dont elle fait son bonheur, toujours attentive à prier pour la prospérité de l'État et la gloire de ses maîtres le Dieu tout-puissant qui vous a confié la plus belle couronne de l'univers. Vous lui êtes devenu encore plus cher par l'onction sainte de votre sacre, où votre religion et Fattendrissement de la nation ont donné un spectacle si touchant, dont l'impression s'est fait sentir à la capitale prosternée alors devant nos autels. Il va donc combler de bénédictions le glorieux plan que vous avez pris de faire fleurir la piété et la justice, de détruire les vices par la loi et d'établir la vertu par vos exemples. Désormais

Arpajon, maréchale de Mouchy, avertissait le doyen du chapitre que la reine aurait également reçu la députation avec le plus grand plaisir, « mais il n'est pas d'usage qu'elle reçoive aucune des dél)utalions qui sont faites au Roy au sujet de son sacre ». {Registres capitulaires de Notre-Dame, délibération du 4 août 1773.)

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