LETTRE DE BEAUMONT A MALESHERBES
ment nommé au ministère de la maison du roi, et C4hristophe de Beaumont, que le ministre avisait des mesures à prendre pour la réception prochaine de rheureuse mère. L'archevêque profita de l'ouverture pour adresser à Malesherbes une protestation contre un genre d'abus assez nouveau, dont son profond respect pour les choses saintes était fort alarmé. J'ai sous les yeux cette pièce inédite : elle^ est signée de la main un peu tremblante, mais sûre encore du vénérable vieillard.
A Conflaas, ce 2i aoust 4775.
Les personnes pieuses, Monsieur, et qui respectent la religion, ont cru devoir m'informer qu'il est d'usage depuis quelque tenis que la comédie de la suite de la Cour joue les jours de grandes fêtes, tant à Versailles qu'aux grands voyages du Roy. Ces personnes voient avec la plus grande peine qtie la Directrice de cette comédie affecte de choisir les jours de fêtes annuelles où les spectacles sont prohibés à Paris pour donner le sien à Versailles, dans Fespérance d'y avoir plus de monde : le qui est arrivé mardy dernier, jour de l'Assomption, une des fêtes annuelles du diocèse, tandis qu^elle auroit pu donner son spectacle la veille ou le lendemain de cette fête. Les honnêtes gens gémissent sur un usage aussi abusif, aussi contraire à la décence, et que le Roy étant Dauphin desapprouvoit fort, à ce qu'on m'a assuré. J'espère donc. Monsieur, de votre amour pour la religion et de votre zèle pour le bon ordre que vous vous porterés à faire cesser un pareil scandale. On ne peut rien ajouter au sincère et respectueux attachement avec lequel
j'ai l'honneur, etc..
f Chr., arch, de Paris. •
Je crois devoir vous prévenir. Monsieur, que cet abus s'était introduit peu de tems avant la mort du feu Roy^.
Un autre abus, contre lequel le vigilant prélat s'était
* Archives des Études religieuses.