ABUS RÉPRIMÉS A NOTRE-DAME
élevé dès les premières années de sa promotion au siège de Paris, présentait quelque chose de plus déplorable encore. A diverses reprises, il avait dû se plaindre qu'on profitât du service funèbre des grands personnages de rÉtat, pour faire travailler à Notre-Dame une légion d'ouvriers, même les jours de dimanches et de fêtes, et, qui pis est, pendant la célébration de l'office divine Une fois, entre^ autres, le scandale ayant dépassé par son indécence tout ce qu'il est possible d'imaginer, l'archevêque n'eut pas de cesse que le roi ne fût invité à donner des ordres sévères pour faire respecter la maison de Dieu, « surtout dans une cérémonie destinée à implorer sa miséricorde- ».
C'est aussi à l'instigation de Beaumont que, huit ans après, M. de Sartine écrivit au doyen du chapitre, qu'en vertu de l'ordonnance royale du 24 avril, il chargeait un officier de police de se rendre régulièrement à Notre- Dame tous les dimanches et jours de fête, et d'y rester depuis dix heures jusqu'à la fin de la dernière messe, à l'effet d'observer ce qui s'y passerait de contraire à la décence ^,
On était alors en 1768. Un siècle auparavant, une horrible profanation ayant été commise dans l'église de Saint-Martin (au cloître Saint-Marcel), Christophe de
1 C'e8t ce qui fut constaté, par exemple, en 1752, pour le service du duc d'Orléans, oncle do Louis XV, et en 1760, pour celui du roi et de la reine d'Espagne.
* On croirait à peine, si les Registres eapiltUaires n'en faisaient foi, que, le jour du service, « plusieurs chapelles avaient été prises pour y distribuer du café et du vin, jusque sur l'autel, à tous ceux qui se présentaient ». (Cf. 16 janvier et 1 1 février 1760.)
« Je relève ce détail dans l'ordonnance du 24 avril 1768. « Défend pareillement aux domestiques, ouvriers et autres, d'entrer dans lesdiles églises en veste, ni d'y paroître avec un peigne sur la léle, en papillotles ou avec leurs tabliers. »