‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 228 sur 348 · UN CENTENAIRE DE REPARATION · texte numérisé non relu

UN CENTENAIRE DE REPARATION

Beaumont voulut, cette année-là, donner à la cérémonie du centenaire le caractère de la plus éclatante réparation ^ Dans raprès-midi du 17 juillet, il se rendit au presbytère, d*où il fut conduit sous le dais jusqu'à Féglise paroissiale. De là partit une procession magnifique, pendant laquelle Tarchevêque, escorté d'un nombreux clergé, portait le très saint Sacrement. Elle dura plus de trois heures.

Arrivé dans la propriété des Pères Capucins, non loin de la croix dressée sur le lieu même où fut découverte la grande hostie du rayon^ le prélat, après avoir déposé Tostensoir au centre du superbe monument que rehaussaient les tapisseries de la couronne, se prosterna jusqu'à terre avec tous ses prêtres. Il ne se releva que pour prononcer, d'une voix émue, les paroles de l'amende honorable ; puis, ayant donné la bénédiction à la foule prodigieuse qui l'entourait, il reprit le chemin de l'église au chant du Te Deiim, Un salut fort brillant mit fin à cette fête d'expiation, dont le souvenir consolera longtemps le pieux archevêque.

A l'avènement de Louis XVI, Beaumont avait reçu du jeune prince l'assurance que des mesures sérieuses seraient prises pour maintenir en toute circonstance le respect dû au lieu saint. Mais la haute idée qu'il s'était

i En 1668, des voleurs étant entrés dans l'église Saint-Martin enlevèrent lo ciboire, répandirent les saintes Espèces sur Therbe d'un petit cimetière attenant au chevet du sanctuaire, portèrent jusqu'au champ des Capucins (derrière les murs du Val-de-Grâce) la grande hostie du soleil, et Tenterrèrent dans des gravois au pied d'un arbre. Un des voleurs, saisi par le lieutenant de police, indiqua lo lieu de Thorrible sacrilège. L'archevêque de Paris (Beaumont do Pércfixe) institua une procession annuelle qui ne se déployait que dans le cloître, autour de l'église. Christophe de Beaumont résolut de donner plus d'éclat au centenaire expiatoirc. (df. Journal historique d'août 1768, p. 154.)

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