CHAPITRE III
Le feu des pauvres au parvis de Notre-Dame. — La station du P. Lanfant et le jubilé de 1776. — Gilbert et l'archevêque de Paris. — Fermeté de Beaumont à réprimer les scandales publics. — La fête du duc de Chartres. — Nouveau choix d'un confesseur à la cour. — L'archevêque au lit de mort du prince de Conti. — Honneurs funèbres rendus à son frère Armand. — Ses relations avec Necker. — La question des protestants. — L'Hôtel-Dieu et l'hôpital Necker. — Nouveaux traits de la charité de Beaumont.
L'hiver de 1775 avait été rude. Un froid très intense sévissait encore dans les premières semaines de 1776, et la charité du clergé de Paris dut faire allumer chaque jour, de grand matin, un feu public au milieu du parvis de la métropole pour le soulagement des pauvres du quartier. On l'entretenait jusqu'à la nuit tombante. L'archevêque s'était chargé de la moitié des frais : les membres de son chapitre, qui aimaient à s'associer à ses bonnes œuvres, avaient fait le reste.
Bientôt il fallut songer aux préparatifs de ce jubilé universel, le dernier du siècle, qui devait avoir en France tant d'éclat. Le P. Lanfant prêchait alors le carême à Notre-Dame de Paris. Le succès qu'il avait obtenu l'année précédente à Versailles, où il n'était bruit que de l'admiration qu'il excitait ^ ne pouvait man-
^ On dit que la reine est « enthousiasmée du P. Lanfant », écrivait l'homme le moins disposé à la bienveillance pour les Jésuites {Hardy, 14 avril 1775).