LES PRÉDICATIONS DU JUBILÉ DE
quer d'attirer de nombreux auditeurs au pied de sa nouvelle chaire.
Ce n'était point que les gens du parti ne trouvassent mauvais que Beaumont affectât de prendre ses prédicateurs parmi les ex-Jésuites. « Est-ce qu'il y a disette d'orateurs chrétiens? » dira-t-on, quand viendra le tour du P. Beauregard. Si, au contraire, le carme Elisée est appelé dans une autre circonstance : « Il faut qu'aucun jésuite ne se soit présenté à Monseigneur ^ » Pour le moment, la question est envisagée par les plus misérables côtés. « Ce choix de prédilection, écrit un janséniste austère, devenait d'autant plus avantageux pour les Révérends Pères que l'orateur recevait à la fin de la station une rétribution de 800 livres ^ ».
Les hommes de la magistrature, pour regarder les choses de plus haut, ne voyaient guère plus juste. Le Parlement, en effet, troublé d'apprendre que, sur vingt prédicateurs de la capitale, les Jésuites occupaient seize chaires, ne put se défendre d'employer contre eux une mesure de mesquine taquinerie. Sous prétexte qu'on l'accusait, dans les églises, d'entraver les dispositions du roi pour le bien de ses sujets, en favorisant les financiers et autres propriétaires de la plus grande partie des terres du royaume, il arrêta « que les gens du roi seraient chargés de veiller à ce qu'aucun ecclésiastique ne profitât de la circonstance du jubilé universel, pour inspirer dans les différentes instructions qu'on allait donner au peuple l'esprit de fanatisme, et de rendre compte à la cour des écarts de ceux
i Hardy, 4 mars 1778 — 17 février 1779. « Ibid., 2! février 1776.