‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 236 sur 348 · LA STATION DU P. LANFANT · texte numérisé non relu

LA STATION DU P. LANFANT

qui pourraient s'oublier au point de débiter en chaire des maxinaes ou des assertions opposées aux vues pacifiques du gouvernement H. Ces farouches magistrats ne se sentiront pleinement rassurés que le jour où Louis XVI, pour avoir la paix, rendra l'édit déclarant que la Société des Jésuites ne serait « jamais rétablie^ ».

En attendant, les orateurs sacrés, soutenus par le prélat qui les a choisis, poursuivent leur œuvre apostolique avec une ardeur tempérée de sage prudence. Ce qui n'empêche point les opposants quand même de tout censurer en eux, jusqu'au compliment d'usage que Lanfant adresse à Tarchevèque sur la fin de sa station. Hardy, l'ami zélé du Parlement, eût voulu que le prédicateur se fût contenté de louer dans Beaumont « la régularité des mœurs et sa charité envers les pauvres, qualités qu'on ne peut lui refuser ». Le reste, à l'en croire, ne peut être avancé « sans rougir » que par un membre de « la Société des ci-devant Jésuites ^ ». C'est ainsi que, même après leur extinction, les religieux dispersés de la Compagnie de Jésus offusquaient encore ce parti qui a tant reproché à Bernis de s'être laissé jouer, en appuyant, contre son gré, l'élection d'un pape favorable à leur cause *.

Ouvert le 11 mars 1776, le jubilé ne prit fin que le il septembre. L'archevêque de Paris en fit lui-même la clôture solennelle à Notre-Dame. Il avait écrit aux fidèles de son diocèse pour en recommander les inté-

i Hardy, 14 mars. — Cf. État de la France en 1789, par Boiteau, p. 179.

* Édil de mai 1777. — Cf. Déclaration du 7 juin de la même année. » Hardy, 7 avril 1776.

♦ /6W., 6 et 17 mars 1775.

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