‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 237 sur 348 · LES FRUITS DU ÔRA.ND JUBILE · texte numérisé non relu

LES FRUITS DU ÔRA.ND JUBILE

rêts ; îl leur adressa une nouvelle lettre pastorale pour se féliciter avec eux du succès obtenu ^ « Beaucoup eu ont profité », avoue le bourgeois parisien... tant bien que mal y ajoute-t-il, choqué de ce que plusieurs sont venus puiser dans le trésor des indulgences avec « du rouge, des mouches et des coiffures à la monte-au-ciel^».

Les fruits, quoi qu'il en pense, furent assez grands pour éveiller les préoccupations des philosophes et troubler leur repos. « On a remarqué, écrivait Grimm, que le jubilé avait été célébré à Paris avec une dévotion et une régularité capables d*étonner des temps moins corrompus que les nôtres. Il serait assez plaisant que la philosophie eût contribué, sans le vouloir, à réchauffer la foi de son siècle ^ ».

Tu peux enfin cesser tes plaintes maternelles , Sion ! quitte ce deuil ; vois tes enfants rebelles Dans ces temps de pardon revoler dans tes bras. Tout marche, tout fléchit sous ta loi fortunée ;

Et l'impiété détrônée Cherche où fut son empire, et ne le trouve pas *.

Celui qui célébrait en ces beaux vers le triomphe de la sainte Église était un poète, jeune encore, récemment accouru à Paris sur la foi de mainte espérance dont Tavortement lui causa d'abord de cruelles déceptions. Sans secours et sans asile, repoussé de toutes les avenues de la fortune, Gilbert n'avait pas frappé en vain au cœur du charitable archevêque de Paris, auquel

^ Mandements des 6 mars et 27 septembre 1776.

* Hardy, 11 septembre.

' Correspondance littéraire, avril 1776.

♦ Ode sur le jubilé de 1776, par Gilbert.

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