‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 239 sur 348 · LA FETE DU DUC DE CHARTRES · texte numérisé non relu

LA FETE DU DUC DE CHARTRES

Tàge n'avait rien éteint de ses ardeurs et qu'il saurait braver encore bien des tempêtes. Des personnages de la première volée l'apprirent à leurs dépens, notamment à l'odcasion d'une fête qui, sur sa demande, fut interdite par ordre supérieur; fête plus que profane, « délicieuse orgie », suivant le langage des initiés, qui devait réunir « les plus célèbres courtisanes » et des princes du sang*. De grands murmures éclatèrent à cette occasion contre l'archevêque, notamment à la Comédie italienne et au théâtre de l'Opéra; mais sa fermeté fut applaudie par tous les hommes de religion, même par ses censeurs habituels , qui déclarèrent l'approuver beaucoup plus en cela que dans sa façon « de persécuter avec acharnement les prétendus jansénistes*».

« On a honte de le dire, répéterai-je avec le très estimable auteur de la notice sur le P. Beauregard, ce plaisir de prince s'achetait par souscription. Parmi les souscripteurs, on cite en effet deux princes du sang, dont l'un, alors duc de Chartres, plus tard jacobin régicide, devait porter sa tête sur l'échafaud. Respectons la mémoire de l'autre : il a expié dans un long exil, sur un trône où il a passé rapidement, et dans un autre exil où il est mort, les égarements de sa jeunesse ^. »

Comme nous comprenons mieux, après cela, cette note confidentielle glissée par le comte de Mercy-Argenteau dans une lettre à la mère de Marie- Antoinette : « M. le comte d'Artois a causé du scandale par la p'eine et la répugnance qu'il a marquées à faire ses pâques ;

1 Grimm, mars 1776.

» Hardy, 22 février J776.

' Études religiemes^ i^ série, t. III, p. 354.

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