CHOIX D*UN CONFESSEUR A LA. COUR
« s*attribuer » cette nomination d'un confesseur nouveau *. Le correspondant de Marie-Thérèse ne s'explique, il est vrai, qu'en mots couverts sur ces rumeurs de cour; mais Hardy se gêne moins pour nous dire de Bergièr, qui dirigeait alors la conscience de Mesdames, toutes dévouées à Beaumont : « Cet ecclésiastique, connu par quelques ouvrages contre les philosophes modernes et les incrédules du siècle. Tétait beaucoup plus encore par ses préventions excessives en faveur de la cause et des systèmes que M. Tarchevêque de Paris soutenait avec tant d^ opiniâtreté. D'où quelques personnes, peut-être trop ingénieuses à se faire des peines ou à prévenir le mal, inféraient que notre jeune monarque commençait à incliner du côté des princesses ses tantes et suivrait bientôt toutes leurs impressions ^. »
En vérité, ceux qui détournèrent Louis XVI de s'arrêter au choix d'un homme « selon le cœur de M. de Beaumont » , étaient-ils bien inspirés en appelant un jour son attention sur ce curé de Saint-Eustache qu'il lui faudra renvoyer plus tard avec éclat, lorsque Jacques Poupart aura prêté serment à la Constitution civile du clei^é ?
Sur ces entrefaites, la mort d'un personnage de cour vint apporter, par son caractère d'impiété froide, une vraie douleur à l'âme du pieux pontife. « M. le prince de Conti, écrit madame du Deflfand, mourut avant-hier
1 « Il hY & plus à compter sur Tabbé Maudoux, qui est devenu sourd et a entièrement perdu la vue. » (Mercy-Argenteau à Marie-Thérèse. — Cf. Lettre du 28 février, du même à la môme.)
' « Ces personnes, ajoute-t-il, voyaient déjà ledit sieur abbé Bergier désigné cardinal et possesseur de la feuille des bénéfices, aussitôt après la mort du cardinal de la Roche-Aymon. » ( Loe. cU,)