RELATIONS AVEC NECKER
mesure réputée « préjudiciable autant qu'injurieuse à la religion ». Mais, la nomination royale une fois faite, Beaumont pouvait-il, devait-il même s'abstenir des rapports convenus de bienséance ou nécessaires de charité ? Il n'en eut jamais d'autres.
Néanmoins, pour des gens résolus à jurer que l'archevêque ne savait s'en prendre qu'aux adversaires de la bulle, quelle matière à scandale que ce repas de gala où se rencontrèrent, dans une même invitation, Necker et Tronchin ! On en trouve un écho dans ces méchants vers :
Malgré le zèle ardent de notre prélature , Enfin Necker dîne à Gonflant (sic) ; Ne soyez point surpris d'une telle aventure : Il n'est point janséniste, il n'est que protestant *.
Certes, dans la seule question de la validation des mariages d'hérétiques, le religieux prélat fit preuve, en ce temps-là même, de susceptibilités trop jalouses pour qu'on puisse le soupçonner d'avoir voulu donner le moindre gage de complaisance aux sectaires. Beaumont, d'ailleurs, aurait-il pu se le dissimuler? Les protestants, qui ne perdaient jamais de vue la poursuite de leur rétablissement dans le royaume, intriguaient sans relâche auprès des gens en place pour parvenir à leurs fins ; en réclamant avec tant d'ardeur la simple reconnaissance officielle de leurs mariages, ils espéraient que, cette première concession obtenue ou extorquée, le reste irait comme de cire.
» Hardy, 26 Dovembre 1776.