PRODIGALITÉS DE LA REINE
est particulier, et de plus les droits que notre cousin l'archevêque de Paris avait acquis sur la ville de Paris, mais qu'il nous a cédés en partie, pour être employés à cet établissement d'utilité publique *. »
Bienfaits de premier ordre, auxquels ne concourront point les largesses des particuliers, et qui, ne devant rien non plus au trésor, seront le produit exclusif des privations de Louis XVI et des offrandes de Beaumont !
J'ai regret à être contraint de l'avouer, mais la correspondance intime de Mercy-Argenteau avec l'impératrice-mère fournit, à la même époque, de pénibles renseignements sur les prodigalités que Marie-Antoinette laissait s'égarer ailleurs que dans le sein des pauvres 2. Bientôt, consacrant toutes ses ressources au plaisir, elle dérangera, par « cet amusement ruineux », l'équilibre des finances domestiques , au point d'être réd nte à « se refuser aux actes de bienfaisance que lui auraient dictés sa grandeur d'âme et sa générosité naturelle ^ » . Rien n'explique mieux pourquoi l'archevêque de Paris, après avoir gagné cinq cent mille livres dans un procès engagé avec la ville, et désirant que cette somme fût tout entière distribuée en aumônes, la fit passer, non point à la reine, mais à madame Necker, devenue la directrice générale des institutions de charité. « Le pré-
1 Lettres patentes de Louis XVI, enregistrées le 11 novembre 1781.
' « Parmi les bruits qui s'élèvent contre la gloire et la considération essentielle à une reine de France, il en est un qui paraît plus dangereux et plus fâcheux que les autres... En retranchant les mensonges et les exagérations inséparables des bruits publics^ il reste néanmoins un nombre de faits très authentiques auxquels il serait à désirer que la reine ne se fût jamais prêtée : on se plaint assez publiquement que la reine fait et occasionne des dépenses considérables. » (Lettre du 17 septembre 1776.)
* Lettre du 15 janvier 1778.