FONDATION DE L HOPITAL NECKER
lat, disent les Nouvelles à la main, s'en est rapporté à elle, quoique hérétique *. »
n est certain que madame Necker donnait alors l'exemple assez nouveau « d'une femme s'occupant avec ardeur de soulager la misère publique, tout en continuant d'être mêlée à la vie du monde ». On n'a pas manqué de tourner ce zèle en ridicule, et M. Othenin d'Haussonville s'appliquait naguère à la défendre du reproche « d'ostentation » dans sa manière de pratiquer la charité ^.
Quant à condaire en secret, dit-il. Les travaux nécessaires à Térection de Thôpital qui a reçu depuis et qui porte encore le nom d'hôpital Necker, c'eût été pour elle une tâche d'autant plus difficile qu'il s'agissait d'une entreprise publique, dont le roi avait fourni les fonds sur sa cassette, et dont elle n'avait que l'administration. Il s'agissait de démontrer, par l'expérience, la possibilité de réaliser, sans dépenses exagérées, un progrès considérable pour l'époque : soigner chaque malade dans un lit séparé, et madame Necker se consacra à cette tâche avec l'ardeur qu'elle mettait à toute Chose. A cette époque, la charité laïque, cette mode du jour, n'avait pas encore été inventée, et le succès de l'œuvre dépendait du concours des autorités religieuses. Madame Necker s'adressa aux Filles de la Charité, et conclut avec la Supérieure un traité qui affectait douze d'entre elles au service de l'hôpital , sous la surveillance du curé de Saint-Sulpice. Pareils engagements ne pouvaient être pris sans l'in-
1 BachaumoDt, 30 août 1779.
' Weber, frère de lait de Marie-Antoinette, reproche plus amèrement que personne à madame Necker d'oublier le précepte de TÉvangile : Que votre main droite ne sache pas ce que fait votre main gauche I II conclut : « Ce mystère n'aurait pas convenu à réponse du banquier genevois qui voulait regénérer la France. Il était nécessaire aux vues des deux époux do faire maudire l'Hôtel-Dieu au peuple de Paris, pour lui faire bénir l'hospice et la maison Necker ; et de faire célébrer par toutes les plumes les institutions charitables des deux républicains, aux dépens deâ fondations pieuses de soixante- six rois >. (Mémoires de Weber^ édition Barrière, p. 167.)