ENCORE UN TRAÎT DE SA CHARITÉ
l'habitude des privations personnelles ôt, par-dessus tout, la secrète bénédiction que Dieu attache aux œuvres de miséricorde , en faut-il davantage pour avoir la clef de de ce pieux mystère ^ ?
Hardy lui-même nous apprendra plus tard que le prélat, bien que surpris en quelque sorte par la mort sans avoir pu achever ses dispositions testamentaires, n*a pas laissé un sou de dettes. Il est vrai qu'il ne laissera pas non plus de quoi enrichir sa famille. Mais quel meilleur éloge à faire de celui dont on a dit, si justement, que sa charité est « une des gloires du xvni" siècle » I
Un jour, entre autres, que Beaumont était sorti seul de Gonflans, pour se promener dans la campagne, un vieil officier Taborde et lui expose au long son infortune. — « Monsieur, lui dit le prélat, je n'ai d'argent ni sur moi ni au château, mais venez dans huit jours à l'archevêché, et nous pourvoierons à tout. En attendant, voici ma montre ; elle a quelque valeur, disposez-^n. » — Or, peu de temps après, étant allé faire sa cour à Mesdames de France, il fut bien surpris d'entendre Madame Adélaïde lui dire : « M. l'archevêque, je sais que cette année vous vous êtes plusieurs fois privé de votre montre ; en voici une que je vous donne, mais à la condition que vous la garderez. »
Le prélat garda, en effet, mais sans le porter jamais sur lui, ce souvenir précieux où la devise des Beaumont encadrait un lion accroupi, la patte étendue sur le livi*e ouvert des Évangiles.
i Témoignage de Ferlel (Biblioth, Tiation.^ Ln^, 1345).