‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 253 sur 348 · PROJET ATTRIBUÉ A L* ARCHEVEQUE · texte numérisé non relu

PROJET ATTRIBUÉ A L* ARCHEVEQUE

le complot, qu'on parlait tout uniment d'un nouvel exil à lui infliger, « comme étant l'âme et, pour ainsi dire, la cheville ouvrière de toutes les intrigues des ci-devant Jésuites pour parvenir au rétablissement de leur Société dans le royaume * » . Aussi le gazetier du parti s'efforçait-il de donner une couleur de vérité à l'historique de cette intrigue ténébreuse :

Au milieu du bouleversement de la magistrature qu'ils avaient eux-mêmes procuré, les Jésuites touchèrent au moment d'une sorte de résurrection, sous le nom de Frères de la Croix. Les lettres patentes en étaient déjà toutes dressées; M. l'archevêque de Paris avait acheté pour eux la maison des Enfants-Rouges et l'avait payée cinquante mille écus. En un. mot, tous les arrangements étaient pris et paraissaient immanquables, lorsque le projet s'évanouit , soit que leurs amis qu'ils avaient mis en place ne les aient pas sems de bonne foi, comme ils en ont accusé M. de MâupeoUj soit que les ministres d'alors aient compris de quelle conséquence serait une si dangereuse entreprise, soit, enfin, qu'on ait appréhendé le mécontentement des puissances voisines et alliées.

Les Jésuites ne se rebutent pas; personne ne connaît mieux qu'eux l'efficace de la persévérance. La destruction de l'École militaire leur a donné occasion de suggérer le projet de former dans cette vaste maison un séminaire d'aumôniers des troupes. On mettait d'abord à la tête de ce nouvel établissement un professeur de Sorbonne ; bien entendu qu'en lui procurant une retraite honnête, on saurait lui substituer un ex-jésuite. En attendant, on plaçait des ex-Jésuites dans la maison comme de simples particuliers, qui ne devaient donner aucun ombrage ; et bientôt, par des remplacements successifs, ils auraient seuls composé le séminaire. La mine a été éventée et le projet renversé avant son exécution... ^

Les rumeurs les plus extravagantes n'en continuaient

1 Journal de Hardy, 9 mars 1777.

'Nouvelles ecclésiastiques de 1777, p. 80.

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