T5DIT ET DÉCLAMATION DU ROI
la société jésuitique a su parer le coup que le Parlement |lui préparait, ou si effectivement on s'est effrayé mal à propos. Uenquête qui a été faite et les déclarations du lieutenant de police, mandé exprès aux Chambres assemblées, ont rassuré Messieurs^ qui ont même rendu la liberté aux sieur et dame Gérard ^ » Mais on a juré de se raccrocher à autre chose.
Nous faisions allusion tout à l'heure à l'édit de mai qui, tout en ménageant les Jésuites, déclarait que leur Société ne serait jamais rétablie. Les magistrats avaient espéré davantage. Ils demandaient que ces anciens religieux « fussent exclus du ministère ecclésiastique , déclarés impropres à posséder aucun bénéfice, et tenus de se retirA* aux lieux respectifs de leur naissance-». Cette aggravation de peine se produisait au moment même où près de vingt ex-jésuites montaient dans les chaires de la capitale, tandis que la parole vigoureuse et hardie du P. Lanfant faisait grand bruit à la chapelle de la cour. C'est ce qui détermina le roi à mander le garde des sceaux, Miromesnil , avec ordre d'écrire au Parlement de Paris « que Sa Majesté voyait avec peine qu'on s'occupât des Jésuites et de leurs prétendues menées; qu'ils étaient citoyens comme tous autres, et devaient jouir de la même protection et de leur tranquillité^».
La belle institution du séminaire des aumôniers n'en avait pas moins reçu un coup mortel, dont tous les efforts de Beaumont ne purent la relever. « Le Parlement et un ministre étranger ont fait des remontran-
> Correspondance secrète, 1. 1, p. 29-33. * L' Esprit révolutionnaire j p. 362.
' Correspondance secrète^ t. I, p. 56.