ACCUSATION CONTRE SAINT-GERMAIN
ces, écrivait madame d'Épinay à Galiani ; elles ont été écoutées et l'établissement n'aura pas lieu, au grand regret de M. de Saint-Germain qui espérait voir à Tavenir toutes les troupes, conduites par de tels aumôniers, mener une vie exemplaire*. » Malgré la pointe d'ironie qui perce à travers ces lignes, elles ne sont que l'expression de la vérité, et la douleur de l'archevêque de Paris égala seule les regrets du ministre de la guerre.
Une chose fut particulièrement sensible à notre prélat : l'obstination qu'on mettait à les accuser tous deux d'avoir dissimulé au roi la qualité d'anciens Jésuites que possédaient plusieurs des prêtres attachés à l'École, alors surtout qu'ils avaient affecté, par prudence, de n'en pas même admettre un seul. Leur affirmation sur ce point fut mise injurieusement en doute, jusqu'à déterminer une scène fort pénible dont Proyart nous a conservé les détails.
Sur je ne sais queUe dénonciation anonyme, le président de Saint-Fargeau avait été chargé de présenter à Louis XVI une liste de huit anciens membres de la Compagnie de Jésus, qu'on certifiait faire partie des dix-huit maîtres dont Saint-Germain composait sa nouvelle École militaire. Du Muy n'était plus là pour prémunir le prince contre les menées des sectaires et les entreprises de la magistrature. Le ton affirmatif et le caractère public du délateur surprirent la candeur du roi, incapable de soupçonner tant d'artifice en un premier magistrat parlant au nom de son Parlement de Paris. Au sortir de l'audience donnée à le Pelletier de Saint- Fargeau, Louis XVI mande son ministre et lui repro-
1 Lettre du 20 février 1777.