‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 257 sur 348 · DÉMISSION DU MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

DÉMISSION DU MINISTRE DE LA GUERRE

che, non sans quelque vivacité, de l'avoir trompé en lui disant qu'il n'existait pas un seul ex-jésuite parmi les professeurs désignés pour l'École militaire, tandis qu'il s'en trouve huit. Sensible à un reproche immérité, fatigué d'autre part de la continuité des tracasseries qu'on lui suscitait, le comte répondit au roi : « Sire, un ministre qui serait capable d'en imposer à ce point ne serait pas seulement indigne de servir Votre Majesté, il le serait encore de paraître en sa présence ; je la supplie d'agréer ma démission. — Je ne prétends pas, répliqua le prince, que vous m'ayez trompé sans l'avoir été vous-même; mais bien certainement vous l'avez été, puisqu'il se trouve huit ex -jésuites dans votre choix*. »

Saint-Germain se retira sans ajouter un seul mot pour sa justification, qui ne parvint à Louis XVI que par la voie d'un journal étranger ^. Le ministre démissionnaire a vivement protesté dans ses Mémoires contre le moyen d'intrigue dont on s'était servi pour avoir raison de l'École des aumôniers militaires.

Comme j'avais été autrefois aux Jésuites, que j'étais d'ailleurs dans une liaison d'estime et de vénération avec M. l'archevêque de Paris, on crut déjà voir renaître cette Société de ses cendres, et on se permit, dans cette occasion, les assertions les plus calomnieuses ; on était bien sûr qu'en parvenant à me donner un dégoût mar-

* Louis XVI et ses vertus^ t. II, liv. VII.

' C'étaient les Annales politiques de Lingual, qui donnèrent, avec le nom et la qualité des dix-huit prêtres, tous leurs états de service (t. II, p. 417). Proyart était du nombre. « Je me trouvais être, écrit-il, un de ces jésuites fanatiques deux fois dénoncés au Parlement, puis dénoncés à Louis XVI, par le président de Saint-Fargeau. Mes sept collègues ex-jésuites l'étaient comme moi. Mais qu'importait aux sophistes et aux jansénistes d'être convaincus de la plus grossière imposture? Le comte de Saint-Germain était déplacé, et c^était tout ce qu'il leur fallait pour le moment. » (Note 15 dulivre VII.)

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