‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 26 sur 348 · DBBATS AU SEIN DES COMITES · texte numérisé non relu

DBBATS AU SEIN DES COMITES

licate, mon cher Père, par les circonstances, quoique je pense que votre cause est bien bonne au fond. Priez beaucoup et avec ferveur, et comptez sur mon zèle pour vous servir.

Le cardinal DE Luynes *.

En communiquant cette lettre à son supérieur général, le P. Salvat lui fit part des divers bruits qui circulaient sur les débats engagés au sein des comités. Dans la réunion du Conseil, le dauphin , le prince de Soubise et M. de la Bourdonnaye auraient été les seuls à opiner pour que le roi, laissant toute chose dans le statu quo, se réservât exclusivement la connaissance ultérieure de Taffaire, lorsque les circonstances lui paraîtraient propices-. Treize conseillers, au contraire, s'étaient prononcés pour la nomination immédiate d'un vicairey français et t'ésidant en France, lequel exercerait sur les Jésuites du royaume le même pouvoir dont jouissait le général sur Tordre entier.

L'archevêque de Paris , en réclamant d'adjoindre aux conseillers laïques deux ou trois représentants de Tépiscopat, pouvait du moins se rendre le témoignage qu'il n'avait rien omis pour tenter de parer le coup ; mais les commissaires royaux, avec la meilleure foi du monde , s'étaient aheurtés à croire que leur expédient serait

^ Lettre du 15 janvier 1762 (/IrcAtvesdu Gestt).

' Ces bruits étaient fondés. Je vois, dans une leltro du P. de la Croix au P. Ricci, que le prince de Soubise ne cachait pas son opinion et que sa famille entière la partageait : « Si rex in sua declaratione non jubeat constitui vicarium generalem, id potissimum principi Subisiœ acceptum référendum erit; ipsi œque ac toti ejus familiee debemus plurimum. » (Lettre du 23 février.) — Quant à la Bourdonnaye, une lettre du 16 février le représentait comme un homme « qui est à cor et à cri » pour les intérêts des Jésuites, et qui passe si bien le jour et la nuit à s^employer en leur faveur, qu'on craint « qu'il ne succombe sous le travail ».

BEAUMOMT, II. 3

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