‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 266 sur 348 · MÉMOIRE DE GAULTIER A BBAUMONT · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE GAULTIER A BBAUMONT

jésuite rendit compte dans un Mémoire adressé à Tarchevêque, se prolongea pendant plus d'une heure. « Je quittai M. de Voltaire, ajoute-t-il, en lui demandant permission de venir le voir de temps en temps : ce qu'il m'accorda avec plaisir. Je lui dis que je ferais tous les jours mémoire de lui au saint sacrifice de là messe : il me remercia et parut attendri *. »

Là se bornèrent les résultats de cette première entrevue. Le malade allait se jouer, quelque temps encore, d'un état qu'il jugeait plus pénible que dangereux.

Le lendemain, dimanche 22 février, tandis que l'abbé Gaultier rendait compte à Be^umont des détails de sa visite, et qu'il en ^recevait les instructions nécessaires pour la conduite à tenir, Voltaire recevait chez lui les comédiens qui devaient prochainement représenter sa tragédie d^ Irène, Mécontent de la manière dont la plu^

1 Voir, dans Élie Harel, la copie exacte du Mémoire de rabt)é Gaultier à Christophe de Beaumont : Voltaire^ particularités curieuses de sa vie et de sa mort, p. 108 et seqq. — L'intérêt que les disciples de Voltaire prenaient à la gloire philosophique de leur maître ne leur permettait pas de croire qu'il eût été question pour lui de prêtre ni de confession. Lalande, scandalisé plus tard de ce qui circulait dans Paris sous les noms, tant du docteur Tronchin que de l'abbé Gaultier, écrivit à ce dernier en ces termes :

€ Monsieur, il circule dans Paris des copies d'un Mémoire que Ton vous attribue au sujet de la mort de M. de Voltaire. Il contient des lettres qui ne ressemblent nullement à sa manière d'écrire. On y lit que vous ne Tavez jamais confessé, ni ne lui ;ivez jamais donné de billet de confession; qu'ayant été appelé pour le confesser, vous ne l'avez pas trouvé en état, et qu'on vous a toujours depuis refusé la porte. Permettez-moi, Monsieur, de vous demander si ce Mémoire est de vous, et s'il est vrai que vous no lui avez jamais donné de billet de confession. L'intérêt que j'y prends comme homme de lettres, et comme élève et ami des Jésuites de tous les temps, me détermine à vous prier de fixer mes idées à ce sujet. » (Lettre du 12 octobre 1778.)

Proyart affirme que l'abbé Gaultier satisfit la curiosité du philosophe, en lui répondant qu'il pouvait venir chez lui pour vérifier les lettres écrites et signées de Voltaire, et que Lalande alla faire en réalité la vérification. {Louis XVI et ses vertus, note 15 du livre IX.)

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