‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 267 sur 348 · RÉTRACTATION JUGÉE INSUFFISANTE · texte numérisé non relu

RÉTRACTATION JUGÉE INSUFFISANTE

part interprétaient leurs rôles, il la déclama lui-même presque en entier, et cet effort, joint à des accès de colère violente, détermina, le mercredi suivant, une hémorrhagie considérable qui mit toute la maison en grand émoi... H y avait vingt ans, jour pour jour, que Voltaire écrivait à d'Alembert : « Dans vingt ans, Dieu aura beau jeu ^ »

Effrayé plus que personne, le malheureux vieillard ordonne aussitôt de mander chez lui l'abbé Gaultier, € ne voulant pas, disait-il, que l'on jetât son corps à la voirie ». Nous n'avons point à raconter ici les allées et les venues de ce prêtre auprès du malade. Elles durèrent plusieurs jours et n'aboutirent point, car l'archevêque exigeait absolument une rétractation préalable, et celle que Voltaire signa le 2 mars lui parut très insuffisante. Beaumont jugeait, en effet, que l'expression — si f avais jamais scandalisé F Eglise — serait une dérision odieuse; qu'il fallait qu'elle fût réformée dans: le sens positifs et qu'avant d'entendre la confession du malade, son confesseur devait lui demander s'il croyait à la divinité de Jésus-Christ, blasphémée trop souvent dans ses ouvrages.

Obligé de retourner à l'hôtel Villette pour réclamer une formule moins équivoque et plus explicite, le chapelain se vit refuser la porte à diverses reprises. Le curé de Saint - Sulpice ne devait être guère plus heureux. « Cette prêtraille m'assomme, avait dit Voltaire, le jour où ses forces semblèrent revenir; dès que je pourrai être transporté, je m'en vais; j'espère que leur zèle ne me poursuivra pas jusqu'à Ferney;

1 Lettre du ? 5 février 1758.

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