‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 270 sur 348 · BFAUMONT INTERDIT LA SEPULTURE · texte numérisé non relu

BFAUMONT INTERDIT LA SEPULTURE

déclarèrent indigne de la sépulture des chrétiens le chef affiché des ennemis de Jésus-Christ. Vainement Tabbé Mignot, neveu du défunt, armé de la profession de foi hypocrite et du billet de confession menteur, somma-t-il le curé de Saint-Sulpice d'enterrer son oncle ; Faydit de Tersac, fort de la décision épiscopale, répondit qu'après avoir tout fait pour sauver les apparences et s'être butté contre une incrédulité opiniâtre, il ne lui restait plus qu'à motiver son refus d'enterrer Voltaire sur « la notoriété des blasphèmes de sa vie et des blasphèmes de sa mort ». On insista, on supplia, puis on essaya d'intimider. Mais c'était la conscience de Beaumont qui avait dicté la sentence, et elle était irréformable.

La rigidité janséniste ne trouvait pas, cette fois, à critiquer la conduite si ferme de l'archevêque de Paris. Néanmoins, dans l'impossibilité où elle s'était mise d'interrompre son commerce de blâme à jet continu, la feuille du parti ne cache point qu'elle eût mieux aimé voir Beaumont' intenter procès à Voltaire vivant. « M. l'archevêque, dit-elle, avait eu le temps, depuis son retour dans la capitale, de le poursuivre pour l'obliger à rétracter clairement ses erreurs et ses impiétés, ou, s'il y persistait, pour le frapper du glaive de l'excommunication, et le déclarer déchu des droits réservés à ceux qui font profession de la religion catholique... Mais M. l'archevêque, constant dans ses préjugés, ne veut point se départir de ses dangereuses idées sur la notoriété de fait ; et il a pensé qu'il pourrait les suivre impunément à l'égard d'un impie tel que M. de Voltaire ^ »

^ Nouvelles ccclésinstiqiies de 1778, p. 139.

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