‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 272 sur 348 · APOTHÉOSE RIDICULE · texte numérisé non relu

APOTHÉOSE RIDICULE

demie en la personne de son secrétaire, avait promis de se faire recevoir franc-maçon, lorsqu'il en fût empêché par ceux de ses confrères qui , plus circonspects, redoutèrent un éclat de Tarchevêque de Paris et les ressentiments de la cour. Il fallut se rabattre sur le peintre Greuze et subir les déclamations de Frère la Dixmerie, celui-là même qui divinisait naguère le vieillard de Ferney, en dédiant à Voltaire moribond une pièce de vers stupides, dont il suffira dlndiquer Tesprit

par ce début :

Toujours aux dieux nous devons quelque offrande ;

Mais dans le temple du Seigneur

Je suis un simple enfant de chœur Et j'attache à Tautel ma chétive guirlande.

Mais, ce soir-là, TÉliacin modeste d'hier s'était échauffé jusqu'à jeter cet anathème aux ennemis de Voltaire : € Si sa mort, enfin, ne vous réduit pas au silence , je ne vois plus qua la foudre qui puisse, en vous écrasant, vous y forcer *. » Et Roucher, ne voulant pas demeurer en reste, termina la séance en débitant avec une froide emphase un fragment inédit de son poème des Mois, fragment dirigé à l'adresse de Beaumont et de tous les auteurs du refus de sépulture :

... 0 de mon siècle éternelle infamie ! L'hydre du fanatisme, à regret endormie ,

1 « A l'instant des coups redoublés de tonnerre d'opéra se sont fait entendre; le cénotaphe a disparu; et Ton n'a plus vu dans le fond qu'un grand tableau représentant l'Apothéose de Voltaire, > (Bachaumont, 29 novembre 1778.)

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