‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 277 sur 348 · SOUVENIR DE FAMILLE · texte numérisé non relu

SOUVENIR DE FAMILLE

encore qui, voyant l'Assemblée constituante faire litière des blasons et des titres, écrira dans les journaux du temps cette fière protestation : « On a ruiné mg fortune, et je n'ai fait entendre aucune plainte. On veut me dépouiller du caractère de chevalier français ; mais qui peut m'empêcher de croire que la noblesse, une fois acquise par les vertus, ne peut se perdre que par le crime f* »

L'archevêque de Paris, qui était le parrain de Christophe, l'aîné des fils d'Antoine, ne fut pas le dernier à féliciter son neveu du grand honneur qui lui revenait-. Aussi bien, selon le mot qui fut dit après la mort du prélat. « sa propTe famille ne l'intéressait qu'autant qu'elle s'acquérait des droits à la reconnaissance publique^ ». C'est ce que faisait au même temps le comte de Beaumont, l'aîné de ses neveux, qui venait de fonder à Cahors un pensionnat pour les filles de qualité nées sans fortune *.

1 Antoine de Beaumont, rentré de Témigration en tSOO, mourut n Toulouse en 1805.

' Christophe-Amable-Louis de Beaumont était né à Paris le 6 mars 1776, ot avait été baptisé le lendemain dans Téglise de Saint-Jacques du Haut-Pas. — Son tout jeune frère Henri, âgé de vingt mois, mourut dans la maison claustrale de l'abbé Radix, chanoine do Notre-Dame, le 29 mai 1779. Il fut enseveli dans la chapelle des Beaumont à la métropole. Le doyen Tudert présida la cérémonie, qui se fit sans apparat, selon le désir exprimé par la famille. — Dix jours auparavant, Tarchevèque avait officié lui-même, pour le service de Louis de Beaumont, chevalier du Repaire, mort récemment à Baynac.

* Année littéraire de 1784, t. V, p. 238.

* Ce fut l'occasion de cette prose rimée que lui adressa la reconnaissance de ceux qui bénéficiaient de son établissement. On peut en louer l'intention, à défaut d'autre mérite :

0 généreux Beaumont, tes bienfaits précieux Vont fairo le bonheur d'une aimable jeunesse, Do nos plus tendres fleurs, la gloire de ces lieux ; Dans leur sang ot leurs cœurs tu maintiens la noblesse.

Page 1