LA MAISON DES BEAUMONT
famille, il est juste de tenir compte de Tintérêt sérieux qu'il avait à établir authentiquement sa descendance des anciens barons du Dauphiné. On comprend, dès lors, qu'il se fît honneur de remonter jusqu'au chef de la seconde branche, jusqu'à cet Amblard de Beaumont dont le nom demeure associé à l'un des actes les plus considérables de la diplomatie française au xisr' siècle.
Ce fut, à vrai dire, une insigne conquête que celle qu'enregistrèrent au château de Romans, le 30 mars 1349, les envoyés du roi de France, Philippe VI, et les députés d'Humbert II, dauphin de Viennois. Conquête pacifique, dont les résultats n'auront fait verser ni une larme, ni une goutte de sang ; conquête inespérée, dans laquelle nos hommes de loi triomphèrent sans coup férir d'une province libre et belliqueuse, en la transportant par un traité irrévocable au prince Charles, fils aîné du duc de Normandie et héritier présomptif de la couronne. Ce traité, préparé de longue date et définitivement assuré par l'industrieuse influence d' Amblard de beaumont, fut ratifié le 16 juillet suivant dans une assemblée solennelle tenue à Lyon, au couvent des religieux de Saint-Dominique. Le prince Charles y reçut, des mains mêmes d'Humbert, l'investiture de la nouvelle province par le sceptre, l'anneau, la bannière et l'épée.
Tel est le fait mémorable qui s'attachera perpétuellement au souvenir du politique et du légiste qu'on a longtemps appelé, dans la maison de Beaumont, « le grand Amblard* ». Pour comprendre dans les circon-
^ Les armes de la maison do Beaumonl sont : De gueules à la fasce d'ar^ ge/U, chargée de trois fleurs de lis d'azur. La traditioD de la famille est qu^elle portait anciennement trois roses ou trois losanges, et que les fleurs de lis mises à la place sont une concession du roi Philippe de Valois en