‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 280 sur 348 · DOCUMENTS CONFIÉS A BRIZARD · texte numérisé non relu

DOCUMENTS CONFIÉS A BRIZARD

stances particulières qui firent transplanter plus tard hors du Dauphiné les rameaux de la branche dont il était le chef, il suffît de signaler le double événement de famille par lequel fut déterminée cette migration importante. Le 1*" décembre 1538, Laurent de Beaumont, un des arrière-petits-fils d'Amblard, ayant épousé Delphine de Verneuil, dame de Pompignan et de Payrac, ils eurent de ce mariage quatre enfants dont le second, Charles, épousa, à son tour, le 3 mars 1577, Antoinette du Pouget, dame du Repaire. Grâce aux deux alliances, les Beaumont prenaient racine dans le haut Languedoc, le Quercy et le Périgord.

Après avoir rassemblé à grands frais les documents indispensables pour établir cette descendance des Beaumont du Dauphiné, larchevêque résolut, sur la fin de 1773, d'en confier la mise en œuvre à l'avocat Brizard, déjà connu par ses succès dans les lettres, alors premier commis à la chancellerie du Saint-Esprit ^ « Je ne connaissais M. l'archevêque que par ses vertus, écrit Brizard lui-même dans un Mémoire inédit que j'ai sous les yeux, je connaissais beaucoup sa maison ; je n'hésitai point à accepter l'offre qui me fut faite ^. » L'ouvrage devait lui coûter six années de travaux opiniâtres.

récompense des services rendus à la France par Amblard de Beaumont. Cette tradition ne porte que sur des probabilités tirées de la convenance des faits el n'est constatée par aucun monument du temps. — Le baron des Adrets prit pour devise ces mots d'Horace : Impavidum ferlent ruinœ. C'est celle que la maison paraît avoir adoptée. Le cri d'armes était : Beaumont, Beau^ mont. Pour supports, deux sauvages de carnation armés de massues; pour cimier, une tête de licorne d'argent (Cf. Hist. généalog., t. I, p. 11).

ï Au dire de Feller, Gabriel Brizard, obligé de vivre d'économie, avait adopté l'habit violet comme moins dispendieux : c'est ce qui le ût nommer l'abbé, titre qu'il ne refusait pas et qu'il prenait même quelquefois.

' « Mémoire instructif sur les causes qui ont retardé jusqu'à présent la publication de V Histoire généalogique de la maison de Beaumont , impri-

IMPHESSIÔN DE L*OUVRAGE. 381

Le volume in-folio qui renferme le corps de preuves put être livré à Timpression dès 1774 : on n'acheva de mettre en pages cette partie importante qu'au mois de décembre 1776. Vers le milieu de mai 1777, l'imprimerie du cabinet du roi commençait à recevoir les feuilles de Y Histoire généalogique, Chérin, généalo^ste de rOrdre, en était le censeur : il voyait et paraphait les premières épreuves, à mesure qu'elles sortaient des presses. L'auteur les faisait passer ensuite à l'archevêque pour les soumettre à ses observations. Une fois ou deux par semaine, Chérin et Brizard se rendaient de la rue des Grands-Augustins à Gonllans ; on y lisait le travail apporté la veille, on discutait les passages susceptibles de quelque changement, puis, la correction faite, on expédiait le tout à l'imprimeur qui déposait à l'archevêché un exemplaire de chaque bonne feuille.

Les deux morceaux les plus considérables de l'ou- \Tage sont la vie du grand Amblard et celle du baron des Adrets. Au sujet de la première de ces notices, Christophe de Beaumont écrivait, le 22 avril 1778, à l'auteur : « La netteté et la précision que vous mettez dans votre travail vous sont de sûrs garants de toute ma confiance *. » Quant au baron des Adrets, nous avons sur ce point un curieux aveu de Brizard : « Je dois, écrit-il, cet hommage à M. Tarchevêque, et je ne le regarde pas comme un médiocre éloge, de dire qu'il me demanda peu de changements dans ce morceau de mon histoire; que ces changements se bornèrent à quelques expressions un peu trop dures; que, plein

méo en 1779, en deux volumes in-folio. » Bibliolh. de l'Arsenal (912 , H. F. — Portef. 44).

1 Lettre écrite de Gonflans {Ibid., cah. D).

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