‹ Christophe de Beaumont, archevéque de Paris (volume 2)Chapitre 288 sur 348 · CENT MARIAGES DE FILLES PAUVRES · texte numérisé non relu

CENT MARIAGES DE FILLES PAUVRES

moins chère. Un fils eût plus particulièrement appartenu à l'État. Vous serez à moi, vous aurez tous mes soins ; vous partagerez mon bonheur et vous adoucirez mes peines*. »

Du bonheur ! celle qu'on appellera Madame Royale en devait connaître bien peu. Des peines! sa vie, en vérité, semble n'avoir été faite que de deuils et d'exils, d'amertumes et de larmes.

Mais, dix ans avant les coups de foudre de la Révolution, tout était à l'allégresse auprès du berceau de l'aimable enfant. Sa mère avait demandé qu'on remplaçât, en cette circonstance, les libéralités de convention par cent mariages de filles pauvres et vertueuses avec d'honnêtes artisans. L'archevêque de Paris fut chargé de répartir, de concert avec les curés de sa métropole, le nombre de ces mariages proportionnellement à l'étendue de chaque paroisse. Cinq cents livres furent déposées entre leurs mains pour fournir la dot de chacune des filles, la reine s'engageant à payer les mois de nourrice du premier enfant qui naîtrait de ces diverses unions ^.

Malgré le poids de ses soixante-quinze ans, aggravé par des infirmités nouvelles, Christophe de Beaumont ne voulut ni compter avec la fatigue ni céder à d'autres la consolation de bénir lui-même les cent mariages à Notre-Dame, où les curés de Paris accompagnèrent en personne les futurs conjoints de leur paroisse respec-

^ Mémoires de madame Campan, chap. ix, p. 161.

' « En observant que, si les mères allaitent leurs enfants , elles recevront 15 livres par mois, et si les mômes enfants sont remis à des nourrices étrangères, celles-ci. recevront 10 livres par mois. » La reine fournissait do plus, le jour du mariage, « l'habillement de Tépoux et de l'épouse ». (Lettre de Mercy-Argenteau à Marie-Thérèse, 25 janvier 1779.)

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